Affaire Kaas
une piste inexplorée ?

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André Kaas

André Kaas

L’affaire Kaas est une erreur judiciaire et un crime non résolu qui a lieu le 5 avril 1992, lorsque Sylviane Kaas est assassinée à son domicile alors que son mari et leurs quatre enfants sont sortis au cinéma à Rouen. Sur la base d’une dénonciation, son mari André Kaas est emprisonné un an et demi après. Un non-lieu général est prononcé le 26 mars 2004. L’assassin n’a pas été retrouvé.

Assassinat de Sylviane Kaas : les faits

Sylviane Grulois, épouse Kaas est assassinée à son domicile, situé à Anneville-Ambourville (Seine-Maritime), dans l’après-midi du 5 avril 1992. Elle est tuée par sa propre arme à feu — une Winchester cachée au-dessus de sa penderie — de trois balles de 22 Long Rifle dans le thorax alors qu’André Kaas et ses 4 enfants sont partis voir un film dans un cinéma de Rouen. En rentrant, ils découvrent l’horreur. C’est Jérôme, l’ainé de 14 ans à l’époque, qui retrouve sa mère allongée au premier étage de la maison avec le fil du téléphone serré autour du cou.

Personnalité d’André Kaas

André Kaas, né le 20 novembre 1951, est un homme d’affaires né au Maroc. Il a fait fortune comme promoteur immobilier. À la tête d’onze sociétés de gestion et de construction immobilière, il emploie près de 4 000 salariés. Il habite une villa luxueuse dans un parc planté d’arbres de quatre hectares, une gouvernante y servant à table et deux jardiniers soignant les massifs.
Nouveau riche qui étale sa fortune de manière ostentatoire, c’est une personnalité flamboyante qui a oscillé toute sa vie entre faillite et fortune, qui collectionne les maîtresses et qui est aussi l’amant de sa belle-mère. Son style de vie choque et suscite des jalousies dans son entourage professionnel et chez certaines personnes qui le côtoient de près ou de loin. Le couple qui a 4 enfants (Nathalie, 20 ans, Julien, 14 ans, Jérôme et Aurélien, 2 ans au moment des faits) pratique l’échangisme et le libertinage, sa femme Sylviane collectionnant elle aussi les amants.

Judoka, il s’attire aussi les foudres de la police rouennaise en fondant un club de judo et en donnant des cours d’arts martiaux à des jeunes de cité, pour certains, trafiquants de drogue.

Conduite de l’enquête

L’affaire est, en premier, conduit par la gendarmerie de Duclair. Elle constate le vol de bijoux et en conclut à un crime crapuleux. Mais l’affaire est reprise par le SRPJ de Rouen, qui écoute les rumeurs de la ville. Elles sont accablantes pour André Kaas. La police s’empresse de réunir des preuves en faisant pression sur les témoins, mais n’en trouve pas. Les mobiles d’assassinat de Sylviane par son mari sont bien minces.
Elle possédait une galerie d’art, rue de la République, et une agence immobilière, mais laisse un passif de 27 millions de francs. Il y aurait bien une assurance-vie, mais il s’avérera qu’elle était destinée au Crédit foncier de Rouen pour garantir le paiement de ses dettes s’élevant à 5 millions de francs auprès de l’organisme financier.

En septembre 1993, un homme emprisonné, Douha Djoubri, dénonce André Kaas comme le commanditaire du meurtre de sa femme, ayant employé deux hommes de main, un ancien docker de Rouen, Abdelmalik Mestoui, dit Malek, et Jimmy Aubourg, tous deux toxicomanes. Le 8 novembre 1993, André Kaas et ces deux suspects sont arrêtés et écroués.

Suspicion d’antisémitisme

André Kaas est d’origine juive séfarade, sa réussite et son style de vie flamboyant n’ont fait qu’attiser les jalousies. La Police appelait André Kaas qui était relativement enveloppé : « Le Gros Juif ». De plus, il fut, à plusieurs reprises, injurié et maltraité par les agents venus l’arrêter à son domicile.

Après de multiples péripéties André Kaas est libéré le 16 octobre 1996. Pendant son emprisonnement, les enfants étaient livrés à eux-mêmes. Les banques ont vendu tous les biens de la famille. Après avoir passé 3 ans en prison et être resté 8 ans sous contrôle judiciaire, le non-lieu définitif est prononcé dans cette affaire le 26 mars 2004, 12 ans, jour pour jour après la mort de sa femme. Les pertes financières pour la famille s’élèveraient à plus de 1,7 million d’euros. En décembre 2007, la Commission nationale de réparation de la détention provisoire lui accorde 173 000 euros d’indemnités alors qu’il réclamait 5 millions d’euros au titre du préjudice moral et économique.

Une piste inexplorée ?

Selon l’émission Faites entrer l’accusé, une quinzaine de jours avant la mort de Sylviane, un vendeur en lithographie, prétendant œuvrer pour l’aide à la réinsertion des personnes sortant des maisons d’arrêts, se serait présenté au domicile (la gendarmerie en a eu connaissance 5 jours après le début de l’enquête à la suite de la déposition d’un des enfants Kaas).
L’homme correspond au portrait-robot constitué à partir de différents témoignages. Il est soupçonné d’une vingtaine d’agressions et en a reconnu treize. C’est un faux démarcheur, impulsif et violent. Lors du meurtre, une dizaine de tableaux ont été volés (le matériel hi-fi a été ignoré). Mis en garde à vue, ce vendeur est relâché faute de preuve.

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