Affaire Kalinka Bamberski
le père enlève le tueur

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Affaire Bamberski

Affaire Bamberski

L’affaire Dieter Krombach, également nommée affaire Kalinka Bamberski, commence à Lindau en Allemagne le 10 juillet 1982. Dieter Krombach, médecin cardiologue allemand né le 5 mai 1935, domicilié à Scheidegg (Bavière), a été condamné par la justice française, par contumace en 1995, puis en 2011 et 2012 pour le viol et l’homicide involontaire de sa belle-fille Kalinka Bamberski, mais jamais poursuivi pour ces mêmes faits par la justice allemande. L’enlèvement de Krombach en 2009, commandité par le père de la victime pour le traduire devant la justice française, a fait polémique.

Kalinka Bamberski

Kalinka Bamberski (née en 1967) a été retrouvée morte le 10 juillet 1982 (âgée de moins de 15 ans) à Lindau, au domicile de son beau-père, le docteur Dieter Krombach, chez qui elle passe les vacances au bord du lac de Constance.

Le médecin explique aux enquêteurs qu’il a injecté à Kalinka une préparation à base de fer et de cobalt (Kobalt-Ferrlecit, un médicament administré aux personnes anémiées, sans effet sur la mélanisation) parce qu’elle « se plaignait de ne pas bronzer suffisamment » auprès de son demi-frère Boris et sa sœur Diana. D’après lui, l’adolescente serait morte d’une insolation, après une journée passée à faire de la planche à voile.

Le médecin légiste qui autopsie le corps de Kalinka le 12 juillet 1982 après-midi à l’hôpital de Memmingen ne se prononce pas sur les causes exactes de sa mort. Il a constaté des traces de sang frais sur les parties génitales, une déchirure de la vulve et la présence de substances blanchâtres dans le vagin, qu’il n’a pas fait analyser par un frottis.
Si aucune expertise toxicologique n’a été pratiquée, le légiste a toutefois qualifié d’« étranges » et de « grotesques » les injections de différents produits pratiquées par Krombach pour réanimer Kalinka, alors que son corps se trouvait déjà en état de rigidité cadavérique. La présence de débris alimentaires dans son œsophage et la trachée-artère lui fait penser qu’elle est morte étouffée par des vomissements. À la suite de cette autopsie, le parquet de Kempten classe l’affaire le 17 août 1982.

Condamnation par contumace en France

Une nouvelle enquête est lancée en France. Le corps de Kalinka Bamberski est exhumé, afin de procéder à une deuxième autopsie. Celle-ci découvre que l’appareil génital de la jeune fille a été entièrement retiré, ne permettant pas de plus amples examens.

Le 8 avril 1993, la quatrième chambre d’accusation de la Cour d’appel de Paris écrit qu’il existe des « charges suffisantes contre Dieter Krombach d’avoir […] volontairement donné la mort à Kalinka Bamberski » et prononce son renvoi (pour « homicide volontaire ») devant la cour d’assises de Paris. Il encourt alors la réclusion criminelle à perpétuité.

Le 9 mars 1995, la cour d’assises de Paris se place en retrait par rapport aux réquisitions de 1993 et reconnaît Dieter Krombach coupable d’« avoir […] volontairement exercé des violences sur la personne de Kalinka Bamberski, […] violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». En l’absence de l’accusé, la cour le condamne, par contumace, au maximum de la peine prévue par l’article 222-7 du code pénal français, soit quinze ans de réclusion criminelle, sans que sa peine ne soit assortie d’un mandat d’arrêt international qui, à l’insistance du père de la victime, a été délivré deux ans plus tard.

Condamnations en Allemagne pour d’autres faits

Dieter Krombach a été condamné en Allemagne à deux ans de prison avec sursis, en mars 1997, pour avoir violé, sous anesthésie, une de ses patientes âgée de 16 ans. Identifié par son sperme, le médecin a reconnu les faits. Cinq autres patientes l’ont accusé de viol, mais leur témoignage n’a pas été retenu, faute de preuves.

En juillet 2007, il a été condamné à deux ans et quatre mois de prison ferme pour escroquerie par le tribunal de Cobourg : il avait traité illégalement des patients en se présentant comme remplaçant officiel de médecins pendant les vacances, même s’il avait perdu le droit de pratiquer la médecine en 1997. Une patiente avait recherché le nom du médecin sur Internet.

Arrestation en Autriche

Arrêté en janvier 2000 en Autriche, le cardiologue a été relâché un mois plus tard sans que son extradition ne se déclenche.

Le Dr Krombach reproche à la France de le condamner par contumace pour des faits relevant d’un non-lieu en Allemagne.

Le 13 février 2001, la Cour européenne des droits de l’homme déclare que plusieurs violations de la Convention européenne des droits de l’homme ont eu lieu durant le procès de mars 1995, notamment en raison de l’interdiction de toute défense de l’accusé devant la cour d’assises, en son absence, en application de l’article 630 du code de procédure pénale et condamne la France à lui verser 100 000 francs français pour frais et dépens.

Cela a d’ailleurs débouché sur une réforme des procès par contumace, ceux-ci ne pouvant être considérés comme des procès équitables car l’accusé ne peut se défendre ni se faire représenter par un avocat.

Enlèvement et condamnation en France

Le dimanche 18 octobre 2009, le cardiologue allemand a été retrouvé dans une rue de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, blessé à la tête, bâillonné et ligoté. Quelques heures avant cette découverte, il avait été enlevé près du lac de Constance, non loin de la frontière autrichienne. Le père de Kalinka, André Bamberski a été interpellé et placé en garde à vue : il se trouvait à Mulhouse, alors qu’il réside près de Toulouse, en Haute-Garonne, a fait remarquer Le Parisien. Bien qu’ayant livré le cardiologue à la justice, le père risque une condamnation pour enlèvement et s’être fait justice lui-même.

Le cardiologue a été conduit à l’hôpital de Mulhouse et placé en garde à vue, puis transféré le 21 octobre 2010 à Paris où il a été hospitalisé. Un juge des libertés et de la détention (JLD) a ordonné son incarcération.

Un nouveau procès en assises devait avoir lieu du 29 mars au 8 avril 2011 au Palais de justice de Paris mais a été reporté en raison de l’état de santé de l’accusé. Il reprend mardi 4 octobre 2011 et le 22 octobre 2011, la cour d’assises de Paris condamne Dieter Krombach à quinze années de réclusion comme coupable de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner », suivant les réquisitions de l’avocat général. Les avocats du médecin font appel de cette condamnation.

Le 5 septembre 2012, il se dit victime de violences de la part de ses codétenus de la prison de Fresnes dont Marc Machin.

Le 20 décembre 2012, en appel, il est condamné par la cour d’assises de Créteil à 15 ans de prison. Toutefois, son avocat, Philippe Ohayon, décide de saisir, en accord avec son client, la Cour de cassation, car pour lui, les accords internationaux n’ont pas été respectés.

Ce pourvoi est rejeté le 2 avril 2014, rendant la condamnation définitive.

Le 22 mai 2014, le procès d’André Bamberski pour avoir fait enlever Dieter Krombach s’ouvre au tribunal de Mulhouse. Le procureur de la République requiert six mois de prison contre lui. Le 18 juin 2014, le tribunal correctionnel le condamne à un an de prison avec sursis, une peine plus lourde que les réquisitions. Au civil, André Bamberski est condamné à payer un tiers des indemnités dues à Dieter Krombach pour l’enlèvement et les violences qu’il a subies lors de celui-ci.
André Bamberski fait appel de cette condamnation civile et le 8 janvier 2015, il obtient qu’il soit uniquement condamné à payer une partie des indemnités dues au titre de l’enlèvement et non pas des violences, la justice estimant qu’il n’est en rien responsable des violences infligées à Dieter Krombach lors de son enlèvement par les hommes de main, qui sont condamnés à payer une provision de 6000 euros au titre des dommages et intérêts à Dieter Krombach, en attendant les expertises médicales pour déterminer les montants précis à payer.

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