Alain Lamare
le tueur de l’Oise

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Alain Lamare

Alain Lamare

Alain Lamare, né le 10 juillet 1956 (60 ans) à Fruges (Pas-de-Calais) est un tueur et ancien gendarme français, connu du grand public sous le surnom de « tueur de l’Oise » ou de « tueur fou de l’Oise ». Coupable de plusieurs crimes de mai 1978 à avril 19792 dans le département de l’Oise, le fait qu’il soit l’une des personnes participant à l’enquête ralentit beaucoup celle-ci.
Arrêté, il est reconnu irresponsable de ses actes et n’est pas jugé.

L’affaire

En mai 1978, une Peugeot 504 volée puis abandonnée d’une femme de gendarme est retrouvée au lieu-dit du carrefour des ripailles, dans la forêt de Chantilly avec un plan pour le braquage de la poste de Pierrefonds. Des indices (douilles de balles de carabine ou de fusil, cordelette, seringue hypodermique) qui se révèleront sciemment laissés par le criminel mettent les forces de l’ordre sur la piste du grand banditisme. Cette trouvaille est rapidement reliée avec l’agression par balles de Karine Grospiron, jeune femme de 17 ans à Pont-Sainte-Maxence deux mois plus tard, par un homme au volant d’une Renault 12 grenat volée, puis avec l’incident d’une voiture volée et piégée qui blesse un gendarme à Creil.

Le tueur nargue les militaires en leur envoyant des lettres manuscrites revendiquant les faits. Pire, ses actes semblent montrer une progression en gravité : deux nouvelles agressions de femmes (une blessée grièvement et une paralysée) et en novembre 1978 le braquage de la poste de Senarpont. Alain Lamare va jusqu’au meurtre, puisque dans la journée du 1er décembre 1978, il tue à Chantilly de plusieurs balles d’un Beretta 9 mm court (arme appréciée des collectionneurs et des militaires, fournie illégalement par un collègue du tueur) Yolande Raszewski, une jeune fille de 19 ans qu’il avait prise en stop. Au total, il sera relié avec certitude à un meurtre et cinq tentatives.

L’homme laisse des indices et des empreintes. On établit des portraits-robots mais il arrive à échapper aux forces de l’ordre. Déjà, des doutes sur la proximité entre les forces de l’ordre et le tueur sont soulevés, mais rapidement rejetés car la hiérarchie ne peut pas se résoudre à envisager cela.

L’arrestation

Le 8 avril 1979, à la suite des soupçons d’un de ses anciens chefs (style d’écriture et portrait-robot) qui rassemble des éléments probants (il constate que Lamare était systématiquement en repos ou en congé, hors du peloton, les jours des meurtres ou des vols de voitures), le gendarme Alain Lamare est arrêté.

Lamare servait au PSIG (Peloton de surveillance et d’intervention) de Chantilly et participait même aux enquêtes (il qualifiait par ailleurs le meurtrier de « salaud de tueur »). On se rendra compte après que c’était presque toujours lui le premier arrivé sur les lieux. Il est confondu par ses empreintes et finit par avouer. La fouille de son appartement confirme les faits.

Gendarme et meurtrier

Pour la gendarmerie, cette arrestation est un séisme : l’hypothèse de la culpabilité d’un gendarme avait en effet été évoquée dès le début des meurtres (un style de rédaction caractéristique de la gendarmerie), mais écartée sans vérification parce qu’impensable pour la hiérarchie. Un officier général lui fait signer la nuit de son arrestation une lettre de démission « pour sauver l’honneur de l’institution ».
Cet acte illégal sera déclaré nul. Cela n’a toutefois pas rétabli Lamare dans ses droits antérieurs de gendarme d’active : une décision ministérielle l’a radié d’office de l’état de militaire par suite d’infirmités non imputables au service, coupant court à toute polémique sur la conservation d’un hypothétique état de gendarme et sur le versement d’une solde. Il perçoit toutefois une pension de retraite de gendarme.

Impact médiatique

L’affaire du tueur de l’Oise, qui occupait déjà les médias, connaît alors un fort retentissement médiatique. Foule et journalistes se pressent le lendemain matin, lors de la perquisition de l’appartement de Lamare en présence de ce dernier. Un accident de la route se produira d’ailleurs dans le cortège des voitures de presse essayant de suivre les voitures de gendarmerie, entraînant la mort d’un adolescent.

Irresponsable

Après une bataille d’experts psychiatriques, Alain Lamare est déclaré irresponsable de ses actes, atteint d’une maladie mentale rare : l’héboïdophrénie1 , une forme de schizophrénie. Il ne sera jamais jugé et une ordonnance de non-lieu est rendue en 1983.

Lamare a été en unité malades difficiles (UMD) au centre hospitalier spécialisé (CHS) de Sarreguemines (Moselle) jusqu’en 2011. Il a rejoint depuis un CHS dans sa région natale.

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