Hamida Djandoubi
le dernier guillotiné

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Hamida Djandoubi

Hamida Djandoubi

Hamida Djandoubi (حميدة جندوبي), né le 22 septembre 1949 à Tunis et mort le 10 septembre 1977 à Marseille, est un Tunisien, condamné à mort en France pour crime. Il est la dernière personne au monde à avoir été exécutée au moyen d’une guillotine et le dernier condamné à mort exécuté en France, dans la prison des Baumettes, pour la torture et le meurtre d’une jeune femme.

Histoire

En 1971, Hamida Djandoubi, employé chez un pépiniériste, est victime d’un accident du travail : il a une jambe prise dans la chenille d’un tracteur et doit subir une amputation sur place. C’est à cette époque, alors qu’il est hospitalisé, qu’il fait la connaissance d’Élisabeth Bousquet, âgée de dix-huit ans. Elle devient sa compagne.

Affaire
Assassinat

Un soir de 1973, Djandoubi contraint Élisabeth à avoir des relations sexuelles tarifées avec huit autres hommes. La jeune femme porte plainte pour proxénétisme. Après avoir été convoqué au commissariat de police, où il est obligé de se justifier, Djandoubi jure de se venger. Il rencontre la même année deux autres jeunes filles, Annie et Amaria, auxquelles il promet, à l’une et à l’autre, le mariage. Commence alors une relation à trois, dans laquelle progressivement la violence vient s’immiscer.

Djandoubi retrouve Élisabeth, presque par hasard. Il l’invite chez lui, où elle se rend le 3 juillet 1974. Élisabeth y subit une longue séance de torture, en présence d’Anna et Amaria, au cours de laquelle elle est frappée à coups de bâton et de ceinture et brûlée sur certaines parties du corps.
Élisabeth est ensuite transportée, nue et sans connaissance, dans la campagne, près de Salon-de-Provence, à une quarantaine de kilomètres de Marseille. Djandoubi l’entraîne dans un cabanon de pierres, où il l’achève en l’étranglant. Le corps est retrouvé par des enfants quelques jours plus tard.

Condamnation

Arrêté quelques mois après la découverte du corps, Djandoubi est également accusé de sévices et de viol aggravé sur une adolescente de quinze ans. Il reconnaît les faits et accepte de collaborer avec les autorités, notamment lors d’une reconstitution, espérant ainsi obtenir la clémence. Lors de son discours de 1981, Robert Badinter voit en Hamida Djandoubi un « unijambiste […] qui, quelle que soit l’horreur – et le terme n’est pas trop fort – de ses crimes, présentait tous les signes d’un déséquilibré. »
Le procureur général Chauvy parle à l’époque d’« une âme démoniaque », les experts psychiatres considérant qu’il avait « une intelligence supérieure à la normale mais constituait un colossal danger social ».

Ses avocats, Émile Pollak et Jean Goudareau, ne peuvent lui éviter d’être condamné à mort, le 25 février 1977, par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône siégeant à Aix-en-Provence, pour « assassinat après tortures et barbarie, viol et violences avec préméditation ». L’affaire commence alors à être médiatisée sur le plan national : des articles lui sont consacrés dans des quotidiens comme Le Figaro ou Libération.
Le pourvoi en cassation est rejeté le 9 juin de la même année. Le 9 septembre 1977, la grâce lui est refusée par le président de la République de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing. L’exécution est prévue pour le lendemain.

Exécution

Le 9 septembre, le procureur de la République de Marseille adresse aux avocats de Djandoubi une notification pour les informer que la grâce a été rejetée et que la date de l’exécution est fixée au lendemain à 4 heures 15, afin qu’ils puissent « assister leur client ». Le 10 septembre 1977, à 4 heures 40, Djandoubi est guillotiné dans la cour de la prison des Baumettes par l’exécuteur Marcel Chevalier.

Après cette exécution, plus d’une dizaine de criminels seront encore condamnés à mort en France, mais aucun ne sera exécuté : ils ont soit vu la sentence revue en cassation, soit bénéficié de la grâce présidentielle. L’abolition de la peine de mort en octobre 1981 fait définitivement de Djandoubi le dernier exécuté de France et d’Europe de l’Ouest.

Témoignage

Le quotidien Le Monde publie le 10 octobre 2013 la retranscription d’un témoignage de Monique Mabelly (1924-2012), à l’époque doyenne des juges d’instruction à Marseille. Dans ce manuscrit, plus tard transmis à son fils, elle relate sa désignation d’office par le président du tribunal, le 9 septembre 1977, comme témoin de l’exécution, puis fait brièvement état de ses réticences et, enfin, rend compte du déroulement des faits, tôt le lendemain, à la prison des Baumettes.

Ce document, transmis au cours de l’été 2013 par le fils de Mabelly à Badinter, avocat puis ministre ayant porté à l’automne 1981 la loi abolissant la peine de mort en France, est ensuite communiqué au journal Le Monde, avec l’accord de la famille de Mabelly. Le quotidien y voit un « document historique de premier plan », et Badinter considère que « son authenticité et sa qualité sont indiscutables ».

Verdict Hamida Djandoubi

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