Marcel Barbeault
le tueur de l’ombre

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Marcel Barbeault

Marcel Barbeault

Marcel Henri Barbeault, né le 10 août 1941 à Liancourt (Oise), est un tueur en série qui a sévi dans les alentours de Nogent-sur-Oise dans les années 1970. Il est probablement l’auteur de huit meurtres de femmes et d’un homme. Ses crimes avaient toujours lieu le soir ou tôt le matin d’où son surnom de « Tueur de l’ombre ».

Les faits et l’enquête

Fils aîné d’un père conducteur de locomotive à vapeur et d’une mère travaillant dans le textile, il quitte l’école très jeune après avoir raté son certificat d’études primaires. En 1957, il est engagé dans les ateliers mécaniques des « Établissements Rivière » de Creil, en tant que chauffeur de rivets. À sa majorité, le 13 décembre 1960, il s’engage dans l’armée et est mobilisé durant la Guerre d’Algérie où il est brancardier.
À son retour, il retourne à l’usine et occupe un emploi d’ouvrier spécialisé à Saint-Gobain. Le décès de sa mère, Micheline, en 1968 causé par un cancer, puis ceux de ses deux frères, semblent être les évènements clés de sa plongée dans le crime et la violence (sa mère ayant subi l’ablation des deux seins avant sa mort, ce traumatisme aurait pu entraîner une volonté de vengeance et des rites sexuels similaires). Le 10 janvier 1969, il commet son premier meurtre sur Françoise Lecron, épouse d’un ingénieur de Saint-Gobain, le dernier en janvier 1976.

Il attaque ses victimes le long de la voie ferrée, les frappe avec un casse-tête, en réalité avec une pelle à ballast de la SNCF, leur donne un coup de poignard dans le cœur puis leur tire une balle de carabine 22 long rifle à la nuit tombante (entre 19 et 21 h).
Toutes ses victimes sont des femmes brunes selon la rumeur, tuées après les avoir longtemps épiées (pendant ses journées de congé) afin de surveiller leurs faits et gestes. Il les déshabille, sans toutefois les violer, et les dépouille de leur sac à main, fait rare chez les tueurs en série.
Pourtant Marcel Barbeault est un mari et un père exemplaire de deux enfants, individu renfermé et « banal ». C’est ce comportement de schizophrène qui lui a permis pendant des années de passer à travers les filets de la police.

Finalement, après plus de 7 ans de traque, il est arrêté grâce à un témoignage anonyme et au flair de l’inspecteur principal Daniel Neveu, fraîchement promu à la Police judiciaire de Creil. Celui-ci découvre que la clé de l’énigme est le cimetière de Nogent-sur-Oise qui se trouve au centre du triangle où se sont produits tous les meurtres. De plus, le double homicide commis sur un couple a eu lieu sur le parking du cimetière de Laigneville.
Or ce meurtre, bien que différent des autres, est aussi attribuable au « tueur de l’ombre ». L’inspecteur Neveu en conclut que contrairement aux autres, celui-ci n’est pas prémédité, mais est plus un meurtre « d’opportunité » et que donc le tueur se trouvait sur les lieux avant l’arrivée du couple et qu’il fréquentait peut-être régulièrement ce cimetière.

Le raisonnement du policier est corroboré par la découverte d’une balle de carabine 22LR près d’un robinet d’eau dans le cimetière. Ce robinet est situé derrière l’église, difficile à trouver et dont seuls les habitués connaissaient l’existence. Le policier décide donc de recouper les noms des lettres de dénonciation et les patronymes gravés sur les tombes du cimetière.
La liste obtenue de 30 noms permet de remonter jusqu’à Barbeault en 1976. Sa mère qu’il adorait est morte d’un cancer du sein (elle décède dans les bras de Marcel après une longue agonie) et est enterrée dans le cimetière de Nogent depuis 1968.

Neveu interpelle un à un les trente suspects. Lors de la perquisition au domicile de Barbeault à Montataire le 14 décembre 1976, il est retrouvé dans sa cave une carabine sciée avec silencieux, un imperméable et différentes casquettes. L’analyse balistique révèle que l’arme est celle utilisée pour deux des meurtres. Les armes des autres homicides n’ont pu être retrouvées mais le mode opératoire similaire laisse peu de doutes sur un tueur unique. Marcel Barbeault ayant déjà été condamné pour cambriolage dans le passé, la police reprend la liste de tous les méfaits commis dans la région et en découvre un avec vol d’une carabine.
Le propriétaire s’entraîne au tir avec cette arme dans son jardin, les enquêteurs peuvent donc retrouver des douilles dans ce dernier et démontrer que celles-ci ont servi à certains des meurtres. Le cambriolage est imputé à Barbeault. Les policiers peuvent également démontrer que les jours où les meurtres sont commis, correspondent à ceux où Barbeault est de repos alors qu’il travaille dans une usine de la région.

Procès et condamnation

Son procès s’ouvre au Palais de justice de Beauvais le 25 mai 1981 devant la cour d’assises de l’Oise. Il doit répondre de cinq meurtres dont il est accusé. Les 3 autres crimes attribués à Barbeault n’ont pu être retenus contre lui faute de preuves. Il nie toujours être le « tueur de l’ombre », malgré de lourds éléments à charge et il reste très froid pendant la durée de son procès.
L’avocat général requiert la peine de mort (même si celle-ci a peu de chance d’être appliquée puisque François Mitterrand vient d’être élu président de la République et a annoncé son abolition prochaine). Malgré la plaidoirie de 5 heures de son avocat Maître Jean-Louis Pelletier, Marcel Barbeault est condamné le 10 juin 1981 à la prison à perpétuité. S’étant pourvu en cassation, il est rejugé en novembre 1983 par les Assises de l’Oise et de nouveau condamné à la prison à vie.

Marcel Barbeault est toujours incarcéré à la prison centrale de Saint-Maur, dans l’Indre, n’ayant bénéficié d’aucune remise de peine.

Verdict Marcel Barbeault

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