Patrice Alègre
tueur en série

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Patrice Alegre

Patrice Alegre

Patrice Alègre (né le 20 juin 1968 à Toulouse), est un tueur en série français arrêté à Châtenay-Malabry le 5 septembre 1997 et condamné le 21 février 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, pour cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols. Il a par la suite obtenu des non-lieu dans quatre dossiers le 3 juillet 2008.
L’affaire Alègre, à proprement parler, débute en mai 2003, après la réouverture de plusieurs dossiers anciens par les gendarmes de la cellule Homicide 31 (cellule chargée, sous la direction de Michel Roussel de 2000 à 2003, d’enquêter sur les éventuelles victimes de Patrice Alègre).

Biographie

Patrice Alègre est né le 20 juin 1968 à Toulouse d’un père Roland Alègre policier (il devient CRS lorsque Patrice a 6 ans), dépeint comme souvent absent et très violent, et d’une mère Michelle, coiffeuse, qui multiplie les aventures dont Patrice est parfois le témoin. Patrice grandit à Saint-Geniès-Bellevue (31). Il n’est pas un enfant désiré, sa mère n’ayant que 17 ans à sa naissance, au contraire de son frère né 7 ans plus tard. Ses parents sont en conflit perpétuel, Patrice déteste son père mais adore et idéalise sa mère, parfois battue.
Vivant une scolarité difficile, renvoyé de trois collèges d’enseignement secondaire, Patrice est inscrit dans une filière de mécanique générale et confié à 14 ans à sa grand-mère dans le quartier des Izards de Toulouse. Dans ce quartier il tombe dans la délinquance, le vol, le trafic de drogues, devient un petit caïd et commet sa première agression sexuelle à 16 ans.

Barman à la cafétéria du commissariat de police puis au buffet de la gare de Toulouse, il repère ses proies dans le quartier de la gare. Valérie Tariote sa première victime, assassinée le 21 février 1989, est serveuse dans le même café. Ce « prédateur urbain », expression des psychiatres qui l’ont expertisé, les séduit, mais si elles ne lui cèdent pas, il les viole, les étrangle et les déshabille, ne leur laissant que leurs chaussettes.

En janvier 1988, il rencontre Cécile Chambert, fonctionnaire d’origine bourgeoise. Ils ont une fille Anaïs née le 23 juillet 1989. Pendant 7 ans, ils vivent une relation houleuse qui reproduit les scènes de ménage des parents de Patrice. Malgré la relative stabilité de sa vie amoureuse, il plonge toujours davantage dans le crime. Le 16 février 1995, après une nouvelle dispute conjugale, Patrice a « tout cassé dans la chambre » et « jeté la petite contre le mur ».
Cécile obtient de la police qu’il quitte leur appartement. Il s’installe chez sa maîtresse Sylvie Prouilhac, gérante de la discothèque Planète Rock à Toulouse et s’y fait embaucher comme videur. Mais elle renvoie ce jeune homme à la houppette blonde à cause de nombreuses bagarres qui font fuir la clientèle.

Le 14 juin 1997, lors d’un méchoui organisé à Foix, il rencontre Mireille Normand, jeune femme de 35 ans qui habite seule dans un chalet à Verdun. Se faisant appeler Franck, il lui propose ses services de bricoleur en échange du gîte et du couvert. Le 19 juin 1997, il la tue. Trois semaines plus tard, le frère de Mireille, Alain, inquiet de ne plus avoir de ses nouvelles, se rend au chalet, découvre dehors un foyer et de la terre meuble récemment retournée. La fouille entreprise par les gendarmes permet de retrouver le corps de Mireille enterré dans le jardin. L’autopsie montre qu’elle a été étranglée et violée.
Patrice est identifié sur photo par différents témoins comme l’homme à tout faire du chalet. Dès lors, la traque du tueur en série commence : localisé en Espagne, en Allemagne, puis en Belgique, il revient à Paris où il se fait héberger par Isabelle Chicherie, employée SNCF avec qui il a sympathisé lors de ses vacances en Espagne. Il l’étrangle, la viole et la brûle le 4 septembre 1997. Les gendarmes ayant placé sur écoute ses proches, un de ses amis accepte de collaborer avec les enquêteurs, et indique à Alègre un point de chute à Châtenay-Malabry où il est arrêté le 5 septembre 1997, à 17 h 10. Son arrestation reste relativement inaperçue car la princesse Diana est morte quelques jours plus tôt.

Chronologie de l’affaire Alègre

5 septembre 1997 : arrestation de Patrice Alègre, soupçonné de meurtres entre le mois de février 1989 et le mois de septembre 1997. Patrice Alègre reconnaît cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols, mais est également mis en examen pour quatre autres meurtres.
21 février 2002 : Patrice Alègre est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans. Les psychiatres Michel Dubec et Daniel Zagury évoquent l’hypothèse de « matricides déplacés » pour expliquer les meurtres de Patrice Alègre qu’ils qualifient de « tueur en série organisé », « psychopathe », « pervers narcissique » ayant subi des « traumatismes désorganisateurs précoces » liés aux « débordements sexuels maternels ».
Mais la cellule Homicide 31 de la gendarmerie créée en juin 2000 pour procéder aux enquêtes, recherche d’autres méfaits imputables à Alègre et ressort divers anciens dossiers sur réquisition du parquet. L’un d’eux, concernant le meurtre à Toulouse en 1992 de la prostituée Line Galbardi, les conduit à entendre deux anciennes prostituées toulousaines disparues le lendemain de ce meurtre, Christèle Bourre alias Patricia et Florence Khelifi alias Fanny.
Le 1er avril 2003, le quotidien La Dépêche du Midi lance une campagne de presse, révélant certaines déclarations de ces deux femmes et faisant pression sur la justice pour l’ouverture rapide d’une information judiciaire. Des journaux parisiens suivent et la rumeur enfle, alimentée par deux journalistes locaux.
Le 15 avril 2003, le procureur de Toulouse ouvre une information judiciaire contre Patrice Alègre et tous autres des chefs de proxénétisme en bande organisée, viols, viols aggravés, accompagnés d’actes de torture et de barbarie, commis par des personnes abusant de l’autorité que leur confère leur fonction, à la suite des déclarations des ex-prostituées Fanny et Patricia mettant en cause diverses personnalités politiques, judiciaires et policières.
Le 12 mai 2003, l’hebdomadaire Marianne présente les résultats de leurs investigations, en particulier de récentes « révélations » faites par une des prostituées. Elle met en cause des policiers toulousains et un gendarme qui « serait au courant de leurs agissements : le système de corruption, mais aussi des « parties fines » organisées en présence d’au moins deux avocats toulousains et autres notables […] dans l’emballement, le nom du maire de Toulouse est même cité ».
Le 18 mai 2003, au journal télévisé de 20 h de TF1, l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, président à cette date du Conseil supérieur de l’audiovisuel, donne à l’affaire un retentissement maximum en révélant que son nom est cité dans l’enquête et dénonce une « effarante machination », qui serait selon lui à rattacher « aux milieux liés à l’industrie pornographique ».
Le 19 mai 2003, Dominique Baudis charge son avocat des poursuites en diffamation.
Le 22 mai 2003, deux prostituées confirment leurs propos devant les juges et un prostitué, sous le pseudonyme de Djamel, affirme qu’il y a eu des « morts ».
Le 27 mai 2003, Jean Volff, procureur général de Toulouse, annonce que son nom est également cité dans l’affaire. Il est remplacé le 28 mai 2003.
Le même jour, une nouvelle information judiciaire est ouverte contre Djamel, Fanny et Patricia pour dénonciation de crimes et de délits imaginaires, témoignages mensongers et complicité. Djamel est placé en détention provisoire. Dominique Baudis, Jean Volff et Marc Bourragué se constitueront parties civiles dans ce dossier.
Le 13 juin 2003, Dominique Baudis met en cause Jean-Michel Baylet, patron de La Dépêche du Midi et dénonce à nouveau une machination.
Le 30 juin 2003, jour de son installation à la cour de cassation, Jean Volff proteste dans Le Figaro contre la façon dont il a été traité par Dominique Perben, Ministre de la Justice et par les médias.
Le 17 septembre 2003, l’ancienne prostituée Fanny revient sur l’accusation de viol qu’elle avait formulée contre l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis.
Le 20 septembre 2003, le travesti Djamel, impliqué dans un des aspects de l’affaire est retrouvé mort dans la chambre d’une clinique de Toulouse.
Le 11 juillet 2005, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse confirme le non-lieu général dans le volet « viols et proxénétisme en bande organisée » dans lequel Dominique Baudis et d’autres personnalités avaient été mis en cause.
Décembre 2005, Florence Khélifi, surnommée Fanny, 32 ans, est mise en examen pour dénonciation calomnieuse envers M. Baudis et Marc Bourragué.
Septembre 2006, Christelle Bourre, alias Patricia, est mise en examen à la mi-septembre pour dénonciation calomnieuse envers Dominique Baudis.
En 2006, Émilie Espès, seule victime survivante d’une agression de Patrice Alègre, met fin à ses jours.
Le 27 mars 2008, le parquet annonce que les ex-prostituées Patricia et Fanny seront jugées en correctionnelle pour « dénonciation calomnieuse » envers l’ancien maire de Toulouse Dominique Baudis et le magistrat Jean Volff. Après être revenues sur leurs déclarations elles sont reconnues coupables de dénonciation calomnieuse et respectivement condamnées à deux et trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Toulouse le 26 mars 2009.
Le 3 juillet 2008, les juges d’instruction du tribunal de grande instance de Toulouse, Serge Lemoine et Fabrice Rives, rendent une ordonnance de non-lieu concernant trois homicides volontaires et un viol avec arme instruits contre Patrice Alègre.

Autres points de vue

L’affaire Alègre garde des zones d’ombre. Les meurtres ont été déclarés en suicides par la police jusqu’à l’arrestation d’Alègre. Plusieurs témoins affirment que le tueur a été longtemps protégé par des policiers et par le haut magistrat Pierre Roche. L’ex-gendarme Roussel dénombre 191 assassinats non élucidés dans la région. L’organisation Stop à l’oubli réunit des familles de victimes, qui continuent de réclamer la vérité sur l’affaire, évoquant « ces disparitions, ces assassinats camouflés en suicide et ces enquêtes tronquées, déformées, bâclées, etc. ».

Patrice Alègre a pu être débusqué grâce à la plainte qu’Émilie Espès avait déposée à la suite de son viol le 22 février 1997, alors qu’elle avait 21 ans. La jeune femme, qui était la seule victime de Patrice Alègre à avoir survécu, s’est depuis suicidée.

Verdict Patrice Alègre

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