Patrick Trémeau
le violeur des parkings

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Patrick Tremeau

Patrick Tremeau

Patrick Trémeau, né le 27 septembre 1963, est un violeur en série récidiviste qui a sévi dans les années 1990 dans les 11e et 20e arrondissements de Paris. Surnommé le « violeur des parkings », il agissait principalement la nuit et attaquait des femmes dans les parkings souterrains où il les menaçait d’un couteau et les violait par la suite.

Patrick Trémeau est condamné en 1998 à 16 ans de réclusion criminelle. Libéré en mai 2005 après 10 ans de détention, il récidive et est arrêté en septembre de la même année. Au même moment, une loi sur la récidive est votée et Patrick Trémeau est condamné en février 2009 à 20 ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté de 10 ans.

Biographie

Patrick Trémeau est issu d’une famille très modeste. Il vit chez sa mère Janine à la cité des Hautes-Mardelles à Brunoy dans l’Essonne. Sa mère est femme de ménage la nuit, elle a deux autres enfants. Il n’a pas connu son père et déclarera par la suite que son beau-père le frappait et abusait de lui.
Il est placé dès son plus jeune âge dans différents foyers. Sa mère dit de lui que c’est « l’envoyé du diable ». Il a des troubles nerveux, est instable et en échec scolaire. Il est jugé sympathique et avec de réels talents manuels. Au début des années 1980 il obtient un CAP de plomberie. Il trouve du travail sans problème. Il donne satisfaction à la plupart de ses employeurs.

Parcours judiciaire

En 1984, Patrick Trémeau est arrêté pour s’être masturbé devant une auto-stoppeuse. Il écope d’une peine de 18 mois de prison dont dix avec sursis pour attentat à la pudeur. Il est libéré.

En 1987, Patrick Trémeau viole une femme à Créteil. Il est condamné à 7 ans de prison par la cour d’assises du Val-de-Marne pour viol commis sous la menace d’une arme. Il est incarcéré.

En 1990 Patrick Trémeau sort de prison. Il est embauché comme magasinier dans une entreprise de quincaillerie. Son comportement vis-à-vis de ses collègues féminines n’est pas anormal. Il séduit et collectionne les conquêtes féminines. Mais ses amoureuses le quittent rapidement et il ne supporte pas les ruptures.
Tout se passe relativement bien jusqu’en 1992 où il fait plusieurs tentatives de suicide à la suite de plusieurs ruptures amoureuses, il quitte son travail.

Viols de 1993 à 1995

D’avril 1993 à mars 1995 Patrick Trémeau viole 8 femmes, et tente d’en violer 5 autres, il agit toujours de la même manière. Ses victimes sont toutes des jolies femmes, d’une vingtaine d’années à 35 ans, aux longs cheveux, la majorité sont des femmes brunes, ayant une activité professionnelle les faisant rentrer tard le soir. Il les repère, il les suit jusque dans leur immeuble et généralement attend qu’elles rentrent garer leur voiture dans le parking. Puis il les menace d’un couteau et les viole dans l’obscurité pour que ses victimes ne le reconnaissent pas.
Il les agresse entre minuit et 4h du matin, dans les parkings souterrains des 11e et 20e arrondissements de Paris. Au début de l’agression il est très menaçant. Une fois que sa victime est soumise, il change radicalement et ses paroles deviennent tendres, il embrasse sa victime, lui fait des compliments. S’il va jusqu’au viol, il utilise toujours un préservatif. Il jette parfois l’emballage de préservatif sur le lieu du viol mais il n’y laisse jamais d’empreinte digitale. En mars 1995, il viole une femme presque chaque semaine.

L’enquête policière est très difficile car il n’y a pas d’indice exploitable. Les portraits robot sont imprécis. À la même période sur le secteur de l’Est parisien, un autre prédateur sévit : Guy Georges. Certains des crimes de Guy Georges ont eu lieu également dans des parkings souterrains. Pendant un temps, la police va croire qu’il s’agit d’un seul criminel. Ce n’est qu’après son arrestation que la police comprendra qu’elle avait affaire à deux criminels rôdant sur la même zone géographique.

Patrick Trémeau est finalement arrêté en mars 1995 pour avoir fracturé des voitures dans un parking. Au commissariat de police, pendant son interrogatoire, un policier remarque qu’il cherche à se débarrasser d’un emballage de préservatif vide. Il est interrogé au même moment où sa dernière victime Gladys est en train de déposer plainte pour viol. Elle mentionne qu’elle a très bien vu que son violeur avait des chaussures jaunes. Ce détail interpelle le commandant Bertrand. Il a remarqué que Patrick Trémeau porte lui aussi des chaussures jaunes.
Ils lui font retirer ses chaussures et les apportent dans le bureau où est Gladys, elle les reconnait tout de suite. Les policiers réalisent un tapissage. Parmi le groupe d’hommes derrière le miroir sans tain, Gladys désigne immédiatement son violeur : c’est Patrick Trémeau. Elle l’a identifié car elle a reconnu son regard. Par la suite, les autres victimes de Trémeau l’identifient également. Certaines n’arrivent à l’identifier qu’en entendant sa voix.

Patrick Trémeau en garde à vue avoue presque instantanément tous les viols qu’il a commis mais nie avoir menacé ses victimes avec un couteau ou un cutter.

Procès et condamnation

Le procès de Patrick Trémeau s’ouvre en octobre 1998 dans la quasi indifférence générale : en effet aucun journaliste n’est présent pour couvrir cet événement malgré le nombre impressionnant de victimes (13). Elles se rencontrent au tribunal et se reconnaissent tout de suite, comme si elles s’étaient toujours connues.
Il y a une solidarité entre elles, car elles ont vécu les mêmes horreurs. La dernière victime n’est pas avertie de la tenue du procès, elle n’a pas pu se constituer partie civile. Gladys ne sera jamais indemnisée. À l’issue du procès, Patrick Trémeau est condamné à 16 ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté de 8 ans.

Détention et libération

Au cours des années qui suivent sa condamnation, Patrick Trémeau demande à plusieurs reprises sa remise en liberté, en vain. Le 7 mai 2005 après avoir passé 10 ans en prison, Patrick Trémeau est libéré de la Prison de Melun, en fin de peine. Il est en liberté conditionnelle mais sans aucune obligation ni suivi socio-judiciaire.

Récidive et arrestation

Le 5 juin 2005 Cécile, une jeune femme de 24 ans, est agressée et violée dans le local à poubelle de son immeuble dans le 16e arrondissement de Paris. Le 20 juin 2005 une autre jeune femme est agressée dans son immeuble rue de Thionville dans le 19e arrondissement (les circonstances de cette agression restent inconnues) et une troisième jeune femme est agressée le 17 septembre 2005.
La Police Judiciaire de Paris, chargée de ces trois affaires de viols, arrive à la certitude que ces femmes ont été victimes du même violeur qui a sévi 10 ans plus tôt : Patrick Trémeau. Deux inspecteurs se rendent au domicile de la mère de Patrick Trémeau et y trouvent ce dernier. Arrêté, Patrick Trémeau avoue en pleurant mais nie avoir violé Cécile, la première victime.

Procès et condamnation

Le deuxième procès de Patrick Trémeau s’ouvre le 3 février 2009. Toutes les victimes de Trémeau y sont présentes sauf 2. Il apparait au cours du procès que Patrick Trémeau semble regretter ce qu’il a fait mais toise ses victimes. Henri Leclerc, l’avocat de Patrick Trémeau, souligne que son client est sincère quand il déclare regretter d’avoir violé toutes ces femmes ; par ailleurs Maitre Leclerc dit que Patrick Trémeau a connu une enfance difficile (les supposées violences de son beau-père à son égard, les violences également subies par le personnel des différents foyers d’institution).
Le verdict condamne Patrick Trémeau à 20 ans de réclusion criminelle (comme l’avait préconisé l’avocat général Philippe Bilger croyant à la rédemption de l’accusé et à ses regrets) assortie d’une peine de sûreté de 10 ans et d’une obligation de soin pendant et après sa libération.

Le combat de ses victimes

Marie-Ange Le Boulaire, Anne Bordier et d’autres victimes de Patrick Trémeau ont dénoncé sa libération alors qu’il n’a bénéficié d’aucun contrôle socio-judiciaire, et avaient averti qu’il récidiverait.

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