Roland Bondonny
tueur d’animaux, entre autres

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Roland Bondonny

Roland Bondonny

Roland Bondonny, né le 12 mai 1932 et mort le 2 février 2005 (à 72 ans), est un notable originaire de Meymac en Corrèze qui habitait dans la région d’Égletons au moment des faits et avait habité autrefois à Fourmies dans le Nord.
Il fut accusé d’avoir empoisonné plus de 144 animaux de compagnie entre 1997 et 2001, puis d’avoir commandité le meurtre de Marius Lac, un chasseur d’Égletons et gendarme à la retraite, tué le 25 août 2004 par Alain Bodchon, qui affirme qu’il avait agi selon ses instructions, mais sans intention de tuer.

Juste avant son procès en appel, dans l’affaire des chiens empoisonnés, Bondonny se suicide dans sa cellule de prison, par pendaison, clamant son innocence et demandant à son avocat, dans une lettre qu’il lui a adressée, de continuer à défendre son innocence.

L’histoire d’empoisonnement

Entre 1997 et le début de l’année 2000 près de 59 animaux de compagnie (chiens et chats) et animaux sauvages (moutons, renards, furets, hérissons) furent retrouvés morts, empoisonnés par un produit toxique mélangé avec des boulettes bleues le long des routes. La police et la gendarmerie d’Égletons, au cours de leurs investigations, découvrent que la piste conduit principalement dans la forêt et les bois d’Égletons. On y découvre des boulettes de viande imprégnées d’un produit toxique (le Carbofuran).
Puis début 2001, des boulettes bleues, semblables à celles retrouvées sur les lieux où des cadavres d’animaux furent retrouvés, sont découvertes à la fois dans la cour d’école d’Égletons et dans les rues de la ville. Entre août 1998 et février 2001, ce sont plus de 144 chiens et chats qui sont empoisonnés, dont la moitié a succombé, le poison agissant en 20 minutes si l’animal ne vomit pas. La rumeur commence à envahir la petite ville d’Égletons et désigne un coupable : Roland Bondonny, notable local et négociant en vins.

Roland Bondonny est perçu par ses pairs et par le village comme quelqu’un de respecté et de serviable, qui assiste au conseil municipal et s’implique dans l’équipe de rugby d’Égletons, mais c’est aussi un homme qui inspire la crainte dans le village. Il apparaît dans l’enquête qu’il y a certaines rivalités au sein des chasseurs de la région ; en effet Roland Bondonny empiéterait sur le terrain d’autres chasseurs, ce qui expliquerait un possible esprit de vengeance de sa part.

De plus des témoins affirment avoir croisé une Renault Express blanche (dont une partie de la plaque d’immatriculation comporte RM 19) passer dans le village au moment de la mort des animaux.

Après vérification de toutes les Renault Express de couleur blanche immatriculées en Corrèze (comportant les lettres RM 19), la police appréhende Roland Bondonny, propriétaire d’une Express blanche ; en février 2001, il porte plainte à la gendarmerie au sujet de sa chienne Majesté qui a été empoisonnée et qu’il l’a installée à l’arrière de son Express pour l’emmener chez le vétérinaire. Lorsqu’il est placé en garde à vue, les gendarmes retrouvent du produit toxique semblable à celui utilisé pour tuer les animaux à l’avant de son véhicule perquisitionné (à 9 endroits différents).

Au bout de 2 années d’enquête, le procès de Roland Bondonny s’ouvre en juin 2003, mais celui-ci est interrompu car il est victime d’un accident, étant curieusement renversé par une camionnette sur le parking de l’hôtel ; l’accusation voit dans cet accident une manœuvre pour échapper au procès.

Le procès

En octobre 2003 s’ouvre de nouveau le procès de Roland Bondonny qui est cette fois bien présent. Seuls deux témoins osent témoigner devant la Cour, dont Marius Lac qui ne ressent aucune crainte à l’encontre de Bondonny. Ce dernier a empoisonné tous ses animaux car il voulait récupérer des parcelles de terrain pour sa société de chasse concurrente à celle de Marius Lac.
Au bout des deux jours de procès le 21 et 22 octobre, le tribunal correctionnel de Tulle condamne Bondonny à deux années de prison dont un an avec sursis pour cruauté envers les animaux et 111 613 € de dommages et intérêts à payer aux 140 parties civiles. Roland Bondonny fait appel de son procès.

Le meurtre de Marius Lac

Entre temps, le 25 août 2004, Marius Lac est retrouvé mort chez lui dans son garage. Des témoins affirment avoir vu une Alfa Romeo rouge et un vélo vert passer dans le village, et plus particulièrement près de la maison de Marius. Au moment de sa mort, Roland Bondonny ne se trouvait pas dans la région d’Égletons.
En menant leur enquête, les policiers trouvent une feuille partiellement brûlée près du corps de la victime ; écrits dessus, des noms de villes avec les noms et numéros de téléphone de Bondonny. Cela ressemble à un trajet et les policiers en déduisent que le meurtrier n’est pas de la région.

Ils placent alors sur écoute Roland Bondonny et interceptent plusieurs conversations entre ce dernier et un certain Alain Bodchon, homme qui s’occupe du bar dans le restaurant Le Manhattan de son fils, à Fourmies. Le contenu des conversations sème le doute dans l’esprit des gendarmes, qui décident de se rendre dans le Nord pour rencontrer et interroger cet Alain Bodchon, connaissance de Bondonny, ce dernier étant un homme riche qui possède un fort ascendant sur les autres. Il est immédiatement arrêté et avoue le meurtre de Marius Lac. Il livre le nom du « commanditaire » du meurtre, Roland Bondonny.

Il explique que Roland Bondonny l’a engagé pour tuer Marius Lac (Bodchon croit néanmoins que Bondonny lui a dit de l’intimider). Il est donc parti de Fourmies dans le Nord pour se rendre dans la Corrèze avec son vélo vert installé dans le coffre d’une Alfa Roméo rouge prêtée par un ami. Au cours du trajet il est pris de doute, hésite à faire ce que Bondonny lui a dit de faire, mais se résout finalement à aller chez Marius Lac.

Il a des difficultés à trouver sa maison et demande à plusieurs reprises à des voisins et aux habitants du village où elle se trouve . En fin d’après midi il enfourche son vélo vert et se rend chez sa victime; il lui explique qu’il est intéressé par son 4×4. Bodchon et Lac rentrent dans la maison pour aller chercher les papiers du véhicule, mais Marius Lac se rend compte qu’il a oublié son portable dans sa voiture.
Il se rend au garage suivi d’Alain Bodchon. À ce moment-là, Bodchon perd pied, veut frapper Marius Lac mais rate son coup. Marius, ayant compris ce qui lui arrive, lui demande s’il vient du Nord. Découvert et s’apercevant que Marius a sans doute compris qu’il avait un lien avec Roland Bondonny, Alain Bodchon n’a pas le temps de remarquer que Marius attrape une hache pour le frapper. Alain Bodchon réussit à se défendre et à prendre la hache. Il finit par tuer Marius Lac d’un coup à la tête.

L’enquête permet d’établir par la même occasion qu’une femme qui travaille à un péage a remarqué vers 22 h un homme au visage et aux mains ensanglantés. Il s’avère que cet homme est Alain Bodchon.

Le procès en appel

Le procès en appel de Roland Bondonny s’ouvre le 5 février 2005 mais comme lors de son premier procès deux ans auparavant ce procès n’a pas lieu car Roland Bondonny s’est pendu dans sa cellule ; Alain Bodchon répètera qu’il a tué, sans avoir l’intention de le faire, Marius Lac, sur les instructions de Roland Bondonny mais, aux yeux de la justice, ce dernier demeure innocent, pour l’éternité, les charges s’éteignant avec son décès.
Les héritiers de Roland Bondonny ne seront pas non plus condamnés à verser des dommages et intérêts aux propriétaires des chiens empoisonnés, le tribunal ayant jugé qu’il ne disposait pas de preuves suffisantes pour juger de la culpabilité de Roland Bondonny et donc de contraindre ses héritiers à verser des dommages et intérêts.

Le procès d’Alain Bodchon

En mai 2007 s’ouvre le procès d’Alain Bodchon. Le fantôme de Roland Bondonny semble hanter ce procès. Selon Alain Bodchon, Bondonny lui avait demandé de tuer Marius Lac car il était le seul qui s’était ouvertement interposé face à Bondonny.

Bodchon clame qu’il ne voulait pas tuer Marius Lac même si Bondonny lui avait ordonné de le faire (Alain Bodchon ne voulait qu’intimider la victime). La personnalité de Roland Bondonny est encore une fois analysée : c’était un homme violent, craint et qui ne supportait pas que quelqu’un puisse se dresser sur sa route et par conséquent ne voulait qu’aucun témoin ne puisse déposer contre lui lors de son procès en appel.
Toutefois, Marius Lac n’était pas cité comme témoin et n’allait donc pas témoigner contre Bondonny lors de son deuxième procès. L’avocate des parties civiles pense que, en souhaitant la disparition de Marius Lac, Roland Bondonny n’avait pas pour but de l’empêcher de témoigner, mais de régler ses comptes, Lac et Bondonny étant, de longue date, en conflit personnel.

Au bout des quatre jours de procès, Alain Bodchon est condamné à 22 ans de réclusion criminelle pour assassinat.

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