Thierry Paulin
le tueur de vieilles dames

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Thierry Paulin

Thierry Paulin


Thierry Paulin, né le 28 novembre 1963 à Fort-de-France en Martinique et mort le 16 avril 1989 à Fresnes, est un tueur en série français.
Surnommé le « Tueur de vieilles dames » et le « Monstre de Montmartre », il avoue en 1987 les meurtres de 21 personnes commis par étranglement ou étouffement tandis que la justice lui en a attribué 18.

Biographie

Paulin est né à Fort-de-France en Martinique. Enfant métis non désiré de Guy « Gaby » Paulin, maçon et de Rose-Hélène « Monette » Larcher 16 ans, alors amants. Son père le reconnaît, mais part pour la métropole deux jours après sa naissance, laissant la mère se débrouiller avec le bébé. Paulin est élevé dès l’âge de dix-huit mois par sa grand-mère paternelle, qui possédait le restaurant le Maman-Jojo sur la plage de L’Anse à l’Âne et qui prêtait peu d’attention à son petit-fils.
Pendant ce temps, sa mère se marie et a cinq enfants. Quand il a 10 ans, sa mère le reprend, il a beaucoup de mal à s’intégrer à ses demi-frères et demi-sœurs. À partir de ce moment, son comportement devient erratique et violent envers les autres enfants à l’école, se révélant dissimulateur. Sa mère reprend contact avec son père biologique, qui vit à Toulouse au Mirail, il est marié et a deux enfants. Elle lui réclame la pension alimentaire, il refuse et emporte son fils chez lui.

En métropole, Paulin a du mal à s’intégrer parmi ses camarades blancs et il a de grandes difficultés scolaires. Il obtient le BEPC, mais échoue au CAP de coiffure, et au CAP de mécanique et électricité-auto. À 17 ans, il décide de devancer l’appel du service militaire : il rejoint le 14e RPCS où il est affecté au salon de coiffure ; cependant, les autres soldats le rejettent du fait qu’il est noir et homosexuel.

Premier délit et condamnation

Le 14 novembre 1982, rue Ledru-Rollin à Toulouse alors qu’il est en permission, il dévalise une femme de 75 ans dans son épicerie, la menaçant avec un couteau. Malgré son foulard, il est reconnu par l’épicière et est vite arrêté pour ce vol de 1 400 francs. En juin 1983, il est condamné à deux ans de prison avec sursis pour vol avec violence. Paulin est libre, mais il est exclu de son régiment et affecté à l’école des fusiliers marins à Lorient d’où il est renvoyé, puis à la base aéronavale de Toussus-le-Noble où il est chargé de la tonte des pelouses.

En 1984, Paulin apprend que sa mère et sa famille viennent vivre à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Il part vivre avec eux, mais leurs relations se passent mal.

Paulin devient serveur au Paradis latin, un Night-club renommé pour ses spectacles de travestis ; il y rencontre un autre serveur, Jean-Thierry Mathurin, alors âgé de 19 ans. Mathurin, né en Guyane, est toxicomane. Paulin est toxicomane lui aussi, mais moins sévèrement que Mathurin. Ils tombent amoureux et deviennent amants. Paulin commence une carrière d’artiste au Rocambole, boîte de nuit de Villecresnes, dans le Val-de-Marne, s’habillant en drag-queen en chantant les morceaux de son artiste préférée, Eartha Kitt.
Un soir, sa mère est invitée à venir voir le spectacle de son fils. Elle quitte le club précipitamment, en larmes, quelques secondes après le début du spectacle. Il la rejoint peu après et lui confirme ce qu’elle vient de comprendre, il est homosexuel. La mère de Paulin le chasse de chez elle, car il l’a menacée avec un couteau et a frappé au ventre sa demi-sœur enceinte alors qu’elle tente de s’interposer.
Il s’installe avec Mathurin dans un hôtel rue Victor-Massé, dans le 9e. À l’automne 1984, Paulin et Mathurin sont renvoyés du Paradis latin, à la suite d’une violente scène de jalousie de Paulin, au cours de laquelle il menace de mort Mathurin, et casse du mobilier et de la vaisselle. Paulin se lance dans le trafic de stupéfiants.

Première vague de meurtres

Le 5 octobre 1984, deux femmes âgées sont agressées à Paris. Germaine Petitot, 91 ans, survit mais le traumatisme subi l’empêche de se souvenir des détails ou la description de ses agresseurs. Anna Barbier-Ponthus meurt après avoir été battue et asphyxiée par un oreiller. Ses assassins lui dérobent 300 francs (45 euros).

En octobre-novembre 1984, huit femmes âgées sont agressées et assassinées à leurs domiciles, dans le 18e. La violence des crimes est horrible, les victimes ont leur tête glissée dans un sac plastique, battues à mort et certaines ont été forcées de boire des détergents. Dans toutes ces affaires, les motivations de ces meurtres sont toutes crapuleuses (vol de bijoux et d’argent). Des enquêtes rapportèrent que Paulin engageait des conversations avec les femmes qui lui semblaient les plus laides et inamicales et il choisissait les plus fragiles.

Au même moment, Paulin et Mathurin mènent un style de vie complètement extravagant, passant leurs nuits en discothèque, buvant du champagne et sniffant de la cocaïne. Fin novembre, ils décident de partir pour Toulouse quelques mois chez le père de Paulin.
Mais son père n’accepte pas l’homosexualité de son fils : s’ensuit de violentes disputes, mettant fin à l’idylle de Paulin et Mathurin. Mathurin retourne à Paris. Paulin, quant à lui, tente de monter sa propre entreprise de spectacle de travestis. Mais cela se solde par un échec en automne 1985.

Deuxième vague de meurtres

Entre le 20 décembre 1985 et le 14 juin 1986, huit autres vieilles femmes sont assassinées et détroussées à leurs domiciles. La police est incapable d’identifier le tueur, bien que les enquêteurs aient quelques pistes. La police arrive à déterminer, grâce à une empreinte digitale, que l’agresseur est le même que celui qui a commis les meurtres de 1984.

Arrestation et incarcération

À l’automne 1986, à Alfortville, Paulin agresse un de ses dealers de cocaïne. Il le menace avec un pistolet d’alarme puis le frappe à coup de batte de baseball. Le dealer porte plainte. Paulin est arrêté et condamné à 16 mois de prison.
Il passe un an à la prison de Fresnes. À sa libération, il apprend qu’il a contracté le virus du sida.

Derniers meurtres et arrestation

Se sachant condamné à court terme à cause du sida, Paulin profite de la vie en organisant de gigantesques fêtes, dépense beaucoup d’argent. Paulin paye ses fêtes avec des cartes de crédit et chèques volés provenant de ses victimes.

Le 25 novembre 1987, la série reprend avec le meurtre de Rachel Cohen, 79 ans. Le même jour, il s’attaque à Berthe Finalteri, qui suffoque et qui est laissée pour morte. Deux jours plus tard, il étrangle Geneviève Germont qui sera sa dernière victime. Berthe Finalteri, qui s’était évanouie, survit. Sur la base de son témoignage et de celui d’un voisin ayant croisé Thierry Paulin dans les escaliers, la police fait un portrait-robot de l’agresseur.
Il ressemble à un métis d’1,80 mètre d’une vingtaine d’années coiffé à la Carl Lewis, au nez épaté et aux cheveux crépus décolorés en blond, une boucle à l’oreille gauche. Grâce à ces indications transmises à toutes les équipes de police, un commissaire, Francis Jacob, interpelle le tueur, rencontré par hasard dans la rue le 1er décembre 1987.

Une fois arrêté, après trois ans d’enquête et deux jours de garde à vue, il avoue le meurtre de 21 personnes; de l’avis des policiers comme des magistrats chargés du dossier, le nombre de ses victimes s’élève probablement à une trentaine. Le 4 décembre, il est inculpé pour 18 crimes car trois ne concordent pas avec les informations de la police.

Les empreintes digitales de Paulin avaient été archivées par la police de Toulouse dès 1982. Les autorités se rendent compte après l’arrestation de Paulin qu’il aurait pu être identifié et interpellé beaucoup plus tôt, et que de nombreuses victimes auraient pu être épargnées s’il avait existé un fichier central regroupant toutes les empreintes digitales traitées de manière informatique. Cette affaire contribuera à la création du Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED).

Mort en prison

Au début 1988, le corps de Thierry Paulin commence à succomber aux effets de la maladie. Après une année d’hospitalisation dans une chambre de l’hôpital Bichat dans un état de quasi-paralysie, il meurt des suites du SIDA en prison à Fresnes, le 16 avril 1989, avant de pouvoir être jugé. Il est donc judiciairement considéré comme innocent des crimes qui lui étaient imputés.

Le 20 décembre 1991, Jean-Thierry Mathurin est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans pour sa complicité dans les sept premiers meurtres et la première tentative de meurtre. Il est libéré en janvier 2009.

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